Une nouvelle semaine se termine. Difficile dès le début ! Une première nuit blanche à se cogner la tête contre les murs tellement mon mal de tête était intense, ainsi que quelques moustiques pour compagnie. Terrible Grenoble pour les moustiques ! Je ne me suis jamais autant fais piqué ! Et un système bucco-naso-trachétoïdale complètement décalibré tout le reste de la semaine. Le climat Grenoblois semble me donner un peu de fils à retordre. Mais on ne s’en fait pas. Il y a pire.

Plus ça va, plus je prends conscience de ce que mon année en autodidacte a pu m’apporter. Pas seulement elle d’ailleurs. Toutes les années précédentes et les enseignements que j’ai su en tirer. Les choses avancent. Vite. L’élan que j’ai su créer s’emballe enfin.

J’aimerais donner une simple intuition à ceux qui n’ont pas compris – ou n’ont pas voulu comprendre – mes démarches par le passé. Pourquoi ai-je arrêté les cours, pour finalement passer un an cloîtré chez mes parents, et finir par reprendre la fac, qui plus est dans la même filière que celle que je venais de quitter. La perplexité ambiante était palpable.


#L’investissement

Le graphe que je vous présente ici n’est tiré d’aucune étude scientifique. Seulement de mes propres intuitions, par l’expérience, et de mes observations sur les vies de personnes à haut degré d’accomplissement. Vous avez le droit de le rejeter en bloc. Mais je pense qu’il a au moins une grande valeur explicative.

En fait, il ressemble étonnamment à celui de la semaine passée, sauf que les courbes idéales sont inversées et la signification toute différente.

En noir, le chemin de vie – comment dirais-je – le plus prisé. Celui sur lequel l’école nous installe. Salaire, dépenses, promotions, plus gros salaire, plus grosses dépenses … C’est une approximation bien entendu. L’évolution linéaire n’est pas aussi propre en réalité et varie au gré des évènements personnels. Mais à l’échelle d’une vie, l’approximation reste très bonne.

En orange, l’investissement. Le creux dans la courbe correspond à la création d’un élan. Celui-ci vous permettra, par effet de levier, de dépasser très largement ceux restés sur l’évolution linéaire – ceux qui ne comprendront pas comment vous avez fait, et se plaindront de leur situation (ou pas, ne généralisons pas !). Cette période d’investissement n’est pas facile à vivre. Elle implique inconfort, choix difficiles et sacrifices. C’est pourquoi si peu de monde choisissent ce type de chemin. Mais assurément, le jeu en vaut la chandelle.

Nos courbes sont toutes très différentes. Nous n’avons pas le pouvoir de modifier ce à quoi elles ont ressemblé par le passé. Par contre, l’avenir est une page blanche ! Libérez-vous du jugement des autres, de vos peurs et de vos doutes et libre à vous alors de tracer la courbe de vos rêves. Même si elle implique une période d'apparente récession. L'apparence est trompeuse !

Pleine de vérité, cette petite représentation graphique ! Mais aussi tellement variable. Tellement dépendante de la vie de l’un ou de l’autre. Elle méritera qu’on s’y attarde plus longuement. En attendant, n’hésitez pas à partager votre propre courbe en commentaire, en extrapolant ce à quoi vous souhaitez qu’elle ressemble dans quelques années. Quelles mesures allez-vous prendre pour arriver à vos fins ?


#La connaissance comme partie d’un tout

Mathématiques, physique, programmation. Voilà à peu près le contenu de nos cours à l’université. Je perds mon temps disais-je ? Un peu moins cette semaine. Les choses ont l’air d’aller mieux. Au moins en mathématiques.

J’ai pris l’habitude de travailler seul. J’ai développé certaines méthodes qui me permettent de rester concentré longtemps sans que la qualité de mon travail en pâtisse. En autodidacte, j’avais accès aux ressources dont j’avais besoin, quand j’en avais besoin. Ici, la ressource est unique et limitée dans le temps – on ne peut ni la mettre en pose, ni l’accélérer pour l’optimiser. Un avantage tout de même, on peut lui poser des questions. La réponse est plus rapide qu’une longue recherche sur internet. Mais moins complète et plus formatée. Du pour et du contre donc.

Mes méthodes de travail restent toutefois très pertinentes. Moins efficaces. Mais toujours valables. Mon travail consiste désormais en leur optimisation.  

Ce que je vais dire là est avant tout valable pour l’apprentissage de matières techniques – celles qui requièrent calculs et équations. Mais l’extrapolation vers des matières non techniques est parfaitement possible.

La prise de notes. Un sujet primordial lorsqu’on parle d’apprentissage. Mes prises de notes en autodidacte ? Aucune. Au sens commun de prise de notes. Je n’avais pas de cours à proprement parler – en amphi ou en classe. Le schéma cours-exercice-interro n’avait aucun sens pour moi. Il n’en a toujours pas d’ailleurs.

À quoi pouvait donc bien rimer une prise de notes. Aujourd’hui vous trouvez n’importe quel cours sur internet ou dans les livres. Du moins structuré au plus complet, en vidéo ou par écrit, suivant un programme scolaire ou intégralement destiné à l’autoapprentissage. Les ressources sont innombrables et bien souvent mille fois meilleures que les cours que vous donneront vos professeurs. Cet été, j’ai suivi le cours d’algèbre linéaire du MIT OpenCourseWare assuré par Gilbert Strang. Je vais devoir suivre un enseignement similaire au deuxième semestre, et je doute fort que notre enseignant se révèlera meilleur pédagogue que cet illustre mathématicien.

Quel intérêt donc de passer vos heures de cours à tenter de retranscrire sur votre feuille le discours de votre enseignant ? Pouvoir le retravailler plus tard ? Plus tard vous avez dit ? Je ne veux plus entendre ce mot ! Diable, pourquoi plus tard, alors que vous pouvez le faire maintenant ? Laissez tomber votre cours. Vous trouverez le même en mieux sur internet. Prenez le temps qui vous est donné pour tenter de comprendre ce qu’on est en train de vous expliquer. Notez les points qui vous posent problème. Ce sont eux que vous allez devoir retravailler. Le reste, vous l’aurez déjà compris en cours.

Vous savez, pour exceller, vous devez être maître de vous-même. Et surtout, maître de votre temps. Il n’y a qu’une quantité limitée d’heures dans une journée. Optimisez-les et cela vous paraîtra une éternité.

Si vous êtes en cours, soyez-y pleinement. Ayez du répondant aux questions de vos professeurs. Soyez dans l’action. Posez des questions. Pensez-vous cela possible si vous avez deux tableaux de retard ? Non. Donnez-vous pour objectif de TOUT COMPRENDRE. Pas de tout noter.

Comment tout comprendre ? Bonne question. Ma réponse sera incomplète. Bien trop de choses à dire. Pour en rester sur l’idée de la prise de notes, voilà mon conseil.

La méthode de prise de notes que j’utilisais en autoapprentissage – et utilise désormais en cours – est basée sur une vision holistique de l’apprentissage. Quèsaco ? Sans rentrer dans les détails, cela signifie que toute connaissance, toute notion à apprendre fait partie d’un tout plus important que la notion seule. Trivial. Oui. Mais alors pourquoi si peu d’étudiants prennent en compte cette vérité dans leur manière d’étudier ?

L’apprentissage holistique est l’opposé de l’apprentissage par cœur. Pensez-vous qu’Einstein connaissait ses formules parce qu’il les avait apprises par cœur ? Non bien sûr. Il connaissait la réelle signification de celles-ci, des grandeurs physiques en jeu et du symbolisme utilisé. Il en connaissait l’histoire, le scientifique à l’origine et le contexte dans lequel elle a été découverte. Il avait une vision d’ensemble de ses connaissances. Il connaissait les règles pour mieux les changer.

L’enjeu de l’apprentissage, c’est de créer ces connexions. C’est lier ce qu’on apprend à un savoir déjà acquis. Les sciences cognitives le disent bien, l’apprentissage consiste en une création (et destruction) perpétuelle de nouvelles connexions synaptiques. Une prise de notes passive ne remplit pas ces critères.

Au contraire, prenez une feuille blanche et liez les idées entre elles au fur et à mesure de l’avancement du cours. Faites des flèches, des graphes, des diagrammes, des schémas. Encadrez, soulignez, écrivez en majuscules, en minuscules, en gras, à l’endroit, à l’envers. Laissez libre court à votre imagination. Laissez votre joie s’exprimer sur le papier lorsque vous comprenez une notion difficile. La feuille blanche est importante. Vous ne voulez pas que des lignes disgracieuses viennent couper court à votre instinct créatif.

Ainsi vous lierez les idées. Vous les ferez vôtres. Ces notes seront brouillonnes, souvent illisibles. Ce n’est pas un problème. Elles ne sont pas faites pour être relues. Elles sont faites pour fixer l’idée dans votre esprit – dans l’instant.

Quelques fois vous aurez à les relire. Si vous avez un bon système d’indexation, vous serez surpris de voir que ce n’est finalement pas si difficile. Vous aurez alors le bénéfice de retrouver des notes qui auront fait plus d’une fois le tour de votre esprit. Des notes personnelles, attachées à un moment de réflexion, tout l’opposé des notes qui font aujourd’hui légion, tellement mornes et sans âme que l’idée même de les relire nous fait souffrir.

Pour les habitués des notes à puces, des titres en rouge et sous-titres en vert, la transition sera ardue. Cette méthode est déconcertante au premier abord. Je l’avoue. Elle peut faire peur. Le contrôle total sur le cours nous échappe. Mais ce contrôle n’est pas toujours la solution.

En écrivant ces lignes, je prends moi-même conscience des bénéfices de cette vision holistique de l’apprentissage. Je n’ai fait qu’effleurer la surface. Il sera nécessaire d’en parler davantage. De préciser les méthodes – bien que chacun devra les faire siennes. Cours techniques, cours non techniques … Dans le fond, l’idée reste la même. Sur la forme, on y verra quelques différences. Restez à l’affut pour plus d’informations !


J’aurais bien d’autres choses à vous dire pour cette semaine, mais le temps me manque et ce billet est déjà bien long ! Alors deux mots pour la fin : INVESTISSEMENT / OPTIMISATION.

Bonne semaine à tous !